Cendrecor

Leader mondial dans la fabrication de papier, le groupe International Paper, fortement impliqué dans le respect de l’environnement et la gestion durable, initie dès 1996 une réflexion sur la valorisation agricole des cendres issues de la chaudière à écorce de son site de Saillat sur Vienne (87).

Interview France Inter de Philippe d’Adhémar, Directeur usine Saillat sur Vienne – International Paper.

Extrait des interviews d’Yves Decaens – France Inter magazine Interception 2018.

Un peu d’histoire :

Après une première étape de rapprochement avec le monde agricole au travers de la mise en place d’un partenariat avec les Chambres d’Agriculture de Haute Vienne (87) et Charente (16) des études sont engagées : intérêt agronomique des cendres (essais plein champs), étude sur l’écotoxicité (INERIS). En 2000, les conditions sont réunies pour engager la demande d’autorisation d’épandage des cendres. Les premières cendres sont épandues sur les terres agricoles en 2001.

Il est alors proposé par l’ensemble des porteurs du projet de constituer une association Cendrecor (contraction de cendres d’écorces) pour fédérer les 80 agriculteurs du plan d’épandage, avec pour mission la valorisation des cendres à chacune des étapes de la filière : qualité, logistique, agronomie et gestion administrative.

 

 

Jean Louis Catheline, Responsable QSE usine de Saillat sur Vienne – International Paper.

 

La valorisation agricole des cendres contribue à la bonne maîtrise environnementale du site d’International Paper (positionnement de l’usine de Saillat sur des segments de marché haut de gamme par la production de papier à forte valeur ajoutée – besoins en certification : EU Ecolabel, FSC, PEFC, ISO 14001, Origine France Garantie…).

En 2008, Cendrecor élargit son activité à la revalorisation des carbonates de chaux (CaCo3) issus de l’atelier de caustification de la papeterie. Ce carbonate est normalisé NFU 44001. Il est épandu en complément des cendres.

Le principe de co-responsabilité
La structure est articulée autour de trois collèges. Cette démarche a abouti à un principe de co-responsabilité dans la gestion des filières d’épandage qui transparait directement dans la vie de l’association. Le Conseil d’Administration est en effet constitué de trois collèges, agriculteurs utilisateurs, Chambres d’Agricultures et Industriel, avec des rôles et responsabilités distincts :

 

Une structure atypique dans le milieu de la revalorisation
Cendrecor se distingue également par ses activités : elle regroupe l’ensemble des missions relevant de la valorisation des cendres et des carbonates et ce à chacune des étapes : qualitative, logistique, agronomique et administrative.

Paroles d’agriculteurs :

« Le fait de gérer concrètement les camions, les épandeurs, change tout : nous sommes au cœur du métier de la valorisation et non un simple rouage nécessaire au recyclage.

De fait, nous sommes directement impliqués avec l’industriel sur les questions pratiques, opérationnelles et les orientations techniques ou encore de traçabilité : par exemple Cendrecor a ses propres outils de gestions informatisés de suivis des épandages. Les filières sont généralement organisées autour de plusieurs intervenants distincts réalisant une prestation, ce qui n’est pas le cas à Cendrecor puisque nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne ».

Cendrecor en quelques chiffres
100 agriculteurs,

12000 ha de SAU,

Communes d'épandage Cendrecor

2 départements, 24 communes (Charente Limousine, Ouest Haute Vienne),

2 produits d’International Paper valorisés → Cendres d’écorce chaudière biomasse (10000 t/an) → Carbonate de chaux (atelier caustification) NFU 44001 (5000 t/an).

Cendrecor : quelle ruralité ?
“Le territoire de Cendrecor” s’articule autour d’un centre bourg (Saint Junien – 15 000 habitants, 2ème ville de la Haute Vienne) et d’un tissu industriel traditionnellement orienté sur l’activité papetière (papeteries, cartonneries, usine de recyclage de papiers usagers).

Du point de vue agricole, l’enjeu principal reste la durabilité des systèmes d’élevage à la fois en nombre d’éleveurs et taille des cheptels. La politique de développement agricole repose sur le triptyque : performance économique – diversification – productions à forte valeur ajoutée (valorisation de la qualité et de l’origine).La petite région se définit par son identité rurale (prédominance de l’élevage et de la polyculture) favorisant le maintien d’une trame paysagère de type bocagère et dispose d’un potentiel de production de qualité (productions sous label).